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Ligue pour la Protection des Oiseaux Membre de Réserves-Naturelles de France Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage
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Le Bacage du Canal du Curé

Fondée dans les années 1950, l’UNIon des MArais de Charente Maritime (UNIMA) est une structure fédérant des syndicats de marais et des collectivités locales.

Elle est chargée de réaliser régulièrement le bacage du canal du Curé, c’est-à-dire de désenvaser le canal en aval des portes à la mer. L’objectif est de maintenir un lit suffisamment profond pour que les eaux du marais puissent s’écouler vers la mer.

En effet les grandes marées hivernales favorisent la sédimentation du lit du canal, et la gestion de l’eau ne permet pas l’effet de chasse qui évacue la vase remise en suspension vers le large. L’entretien du canal est donc nécessaire et se fait régulièrement en hiver, quand des réserves d’eau douce sont disponibles en amont.

Cette opération est programmée les jours de fort coefficient, à marée basse . Les écluses des portes à la mer sont ouvertes ; l’eau vient alors pousser le bac dévaseur qui pousse la vase devant lui jusqu’à l’embouchure de la mer. Ce bateau construit spécialement pour ces opérations est pourvu d’ « ailes » qui se déploient, occupant ainsi presque totalement la largeur du chenal. Sur la proue, une fraise fouille le fond du canal pour remettre la vase en suspension et faciliter l’évacuation.

le bac dévaseur évacue la vase vers le large Le bac dévaseur évacue la vase vers le large
auteur : UNIMA

La vase un milieu vivant... à étudier

Les connaissances sur les peuplements d’invertébrés des milieux aquatiques de la baie de l’Aiguillon sont tout à fait récentes. Ceux-ci ont fait l’objet d’une thèse intitulée « Réseau trophique de l’anse de l’Aiguillon » en partenariat avec le CREMA L’Houmeau et le Parc Interrégional du Marais Poitevin. Cette étude a permis d’acquérir un « état de référence » des peuplements benthiques de la baie de l’Aiguillon.

Méthodologie

Divers prélèvements ont permis de caractériser la macrofaune benthique (les invertébrés vivant dans la vase), de cartographier les peuplements et de les mettre en relation avec plusieurs paramètres environnementaux : granulométrie, teneur en chlorophylle, en eau, matière organique et salinité.

Les espèces répertoriées

78 espèces de la macrofaune benthique ont été déterminées sur la réserve naturelle. Cela représente moins de 10% de la biodiversité totale des pertuis charentais dont l’ordre de grandeur est du millier d’espèces, mais cela en fait malgré tout un estuaire plutôt riche du fait de la présence d’espèces issues des prés salés et des milieux subtidaux. Bien que ces 78 espèces soient déjà toutes connues le long du littoral Manche-Atlantique, 10 d’entre elles n’étaient pas répertoriées dans les pertuis charentais. Ces espèces sont rares ou peu abondantes mais donnent un caractère patrimonial tout à fait singulier à l’anse de l’aiguillon.

D’un point de vue biogéographique, le cortège d’espèce de l’anse de l’aiguillon est un mélange d’espèces à affinité tempérée froide (Macoma balthica) communément décrit le long du littoral atlantique du nord-est, et d’autres à affinité tempéré chaude (Scrobicularia plana), caractéristique du bri marin ou de l’argile à scrobiculaire qui comble la baie.

La répartition

Il s’agit d’un peuplement typique de vasière et dont la composition varie en fonction des secteurs de la baie en liaison avec le substrat. Il subit également des variations saisonnières très prononcées auxquelles s’ajoutent des phases plus intenses de prédation par les oiseaux lors des périodes de migration et d’hivernage.

Intérêt pour l’avifaune

Si l’essentiel de la biomasse en invertébrés est constituée par des espèces très communes, celles-ci n’en constituent pas moins un des maillons essentiels des chaînes alimentaires de l’écosystème estuarien. En effet, le réservoir de proies benthiques disponibles pour l’avifaune repose sur un petit nombre d’espèces robustes car habituées aux conditions de vie d’estuaire. Parmi les 78 espèces répertoriées, moins d’une dizaine va vraisemblablement servir de proie aux oiseaux migrateurs et hivernants, parmis lesquelles principalement les bivalves Scrobicularia plana et Macoma balthica, le gastéropode Hydrobia ulvae et trois annélides polychètes. Néanmoins, toute espèce benthique ayant une activité en surface de la vasière à marée basse est susceptible d’être consommée par les oiseaux.

Des études récentes avancent l’hypothèse que le réservoir de nourriture automnal pour les oiseaux en hivernage sur l’anse de l’aiguillon n’est pas limitant mais des études plus précises concernant le régime alimentaire ou le rythme d’activités des différentes espèces d’oiseaux permettront de le vérifier.

Traces d’hydrobies sur la vasière Traces d’hydrobies sur la vasière
auteur :

Un programme de recherche pour améliorer la gestion

Depuis la création de la Réserve Naturelle, les activités de recherche se sont développées sur la baie, sous l’impulsion des gestionnaires avec un intérêt fort de divers organismes de recherche.

En effet, les zones humides sont de plus en plus restreintes à des aires protégées qui doivent fournir des conditions d’accueil idéales, notamment pour les espèces migratrices. La qualité des milieux mais aussi les activités humaines en périphérie et dans les aires protégées, sources locales de dégradation des conditions d’accueil de l’avifaune migratrice, sont deux éléments essentiels à prendre en compte pour la gestion d’une réserve naturelle.

C’est pourquoi, dans le cadre du suivi des populations d’oiseaux hivernants dans la baie, les gestionnaires de la réserve naturelle ont mis en place un programme sur 3 ans (2000-2003) avec le Centre d’Etude Biologique de Chizé (CEBC-CNRS). Cette étude se poursuit depuis en régie, et a donnée lieu à la rédaction d’un mémoire EPHE.

Les deux axes principaux ce cette collaboration sont d’apporter des éléments scientifiques pour améliorer :

  • la gestion des zones de prairie à Puccinellie maritime pour l’accueil de l’avifaune hivernante, d’une part,
  • la gestion du dérangement dans la réserve naturelle d’autre part.

En effet, les Oies cendrées sont très dépendantes du type de végétation et par conséquent du type de gestion de l’habitat « prés salés ». Depuis 2000, un suivi a donc permis de tester différents types d’expérimentation sur les mizottes. En retour, il a été possible de suivre l’impact des oies sur le milieu et notamment sur leur ressource alimentaire, la Puccinellie maritime. Ainsi ont été suivis à partir de relevés de fèces et de végétation, des zones exploitées régulièrement, des zones ayant subies une exploitation irrégulière du point de vue agricole, des zones broyées puis fauchées et des zones faucardées (entretenue à la débroussailleuse).

Ce programme, outres les rapports techniques annuels, a fait l’objet de nombreuses productions (posters, communications). Il mène à plusieurs conclusions :

  • Les mizottes de Champagné sont attractive, en partie grâce à la plus grande homogénéité des étendues de puccinellie.
  • Les prémices d’un changement de distribution des oies cendrées vers Triaize après les fauches expérimentales semblent confirmer l’attrait des plus grandes zones de puccinellie pour le stationnement.
  • Un accroissement des stationnements sur la partie charentaise de la baie, classée en réserve plus récemment est également observé. Le rythme de ce changement et les effets des variations locales du milieu et du dérangement sont en cours d’étude.
  • La phénologie décalée des bernaches et des Oies pourrait suggérer des interactions interspécifiques jusqu’ici négligées.
  • 14 sources de dérangements ont été identifiées, parmi lesquelles les plus fréquentes sont les coups de feux, les aéronefs, les rapaces et les humains en déplacement (promeneurs ou observateurs amateurs ou professionnels).
  • Les survols et les humains à pied créent le plus de dérangement réel (envol et vigilance). Les probabilités de réaction montrent que les humains sont de loin les sources de dérangement les plus coûteuses, avec de fortes probabilités d’envol, alors que les oiseaux semblent s’être habitués aux coups de feux et aux aéronefs.
  • La fréquence des dérangements potentiels est assez élevée par rapport à celles connues sur d’autres sites.
  • Le coût possible de tous ces dérangements pourraient être important pour les oiseaux, allant jusqu’à une augmentation de 50% du temps d’alimentation. La relative tolérance des oiseaux vis à vis de sources de perturbations fréquentes comme les aéronefs ou les coups de feux fait que finalement le coût réel actuel est de l’ordre d’une augmentation de 18% du temps d’alimentation, ce qui pourrait limiter l’attractivité du site mais reste compatible avec un temps d’alimentation suffisant.

Les fauches d’asters effectuées à distance de la digue permettent de reconstituer des milieux favorables du fait de l’ouverture du milieu ainsi générée.

plusieurs milliers d’oies viennent sur la baie chaque hiver Plusieurs milliers d’oies viennent sur la baie chaque hiver
auteur : Philippe Garguil

Des ressources naturelles exploitées

La Baie de l'Aiguillon est connue pour la mytiliculture, ou l'élevage des moules. Ainsi le rythme des marées, la qualité des eaux et les ressources alimentaires disponibles ont permis à cette activité de se développer. Les moules se nourrissent de phytoplancton en filtrant l'eau de mer, jusqu'à 100 litres par jour. Dans la baie, la mytiliculture se traduit par un élément fort du paysage : ces alignements pieux en bois sur lesquels sont accrochées les moules, appelés bouchots.

Mais quelle est l’origine du mot « bouchot » ? Au 13ème siècle, un irlandais du nom de Patrick Walton fait naufrage dans la baie. Décidant de s'y installer, il attrapait des oiseaux grâce à des filets tendus entre des pieux de bois, où les moules se développèrent... L'iralandais "bout choat" donna en français les "bouchots" qui jalonnent encore aujourd'hui la baie et les côtes du pertuis breton.

Une centaine d’exploitations mytilicoles sont implantées sur la baie au sens large. Entre 7 et 10 000 tonnes de moules sont récoltées chaque année dans le pertuis breton, soit entre 15 et 20 % de la production nationale. L’envasement progressif de la baie, rendant impraticable la culture des moules, a entraîné les déplacement des bouchots vers l’extérieur de l’anse et conduit les producteurs à expérimenter l’élevage des moules sur des filières en mer dans le pertuis Breton.

La production d’huîtres est aujourd’hui très réduite sur le secteur. Par contre plusieurs centaines de tonnes de poissons sont pêchées chaque année dans le pertuis. La baie tient un rôle essentiel pour la pêche car ce système estuarien est une zone importante pour les poissons migrateurs (Anguilles, Lamproie marine, grande Alose, etc.) mais aussi pour des poissons côtiers (bar, sole, mulet, etc.). Ainsi le marais salé est un véritable garde-manger pour les jeunes poissons.

la récolte des moules sur bouchots la récolte des moules sur bouchots
auteur : Philippe Garguil

Les dunes de la pointe de l'Aiguillon

Ces formations dunaires se situent à l’extrémité nord-ouest de la réserve. Des espèces végétales typiques comme le Statice de dodart (Limonium dodartii) et la Soude ligneuse (Suaeda vera) annoncent la transition entre le milieu vaseux et le massif dunaire, qui accueille le Chiendent des sables (Elymus farctus), et le Panicaut de mer, ou chardon bleu des dunes (Eryngium maritimum).

Les dunes sableuses de la pointe de l’Aiguillon ne sont que pour une petite partie incluse dans le périmètre de la réserve naturelle, le reste est protégé par un arrêté préfectoral de protection de biotope. Elles offrent un paysage et un habitat différent de la vasière et des prés salés. L’objectif de la Réserve Naturelle est de maintenir cette diversité de formations végétales et de favoriser les espèces animales qui en sont dépendantes, notamment le Gravelot à collier interrompu et le Pipit rousseline. Ces habitats fragiles doivent être préservés, notamment d’une fréquentation trop importante. Aussi la découverte de ce site par le plus grand nombre doit s’accompagner de mesures appropriées pour en limiter les impacts négatifs. D’où la réalisation de sentiers pour diminuer le piétinement de la flore et la construction d’enclos pour protéger la nidification du Gravelot à collier interrompu.

le Gravelot à collier interrompu niche sur la plage de l’aiguillon Le Gravelot à collier interrompu niche sur la plage de l’aiguillon
auteur : Rémy Becquart

Les marées entre terre et mer

La zone de balancement des marées est comprise entre les plus hautes mers et les plus basses mers des vives eaux. Les vives-eaux (les grandes marées) ont lieu quand la lune et le soleil sont alignés dans le même axe de la terre. A l’inverse, la période des mortes-eaux est le moment où la lune et le soleil sont alignés sur un axe qui forme un angle droit avec la terre.

Comme tout écosystème estuarien, la baie de l’aiguillon se caractérise par l’importance de ses échanges entre la mer et la terre. Le rythme des marées conjugué aux apports d’eau douce dicte la répartition des plantes, des animaux mais aussi les utilisations de la baie par l’homme.

La vasière, ou slikke, est donc recouverte par la marée à peu près deux fois par jour, ce qui n'est pas le cas des prés salés, ou schorre, qui restent secs lors des mortes eaux. Inondés moins régulièrement, on y trouve une vase plus dure, et des plantes adaptées au milieu marin s’y développent. On les qualifie d’"halophiles", c'est-à-dire "qui aiment le sel". Ces plantes se répartissent le long de l’estran en fonction de leur capacité à supporter une submersion par la mer plus ou moins prolongée. Le même phénomène se produit pour la macrofaune benthique. En effet les coquillages, vers et crustacés sont répartis en fonction d’un gradient de tolérance à la submersion marine et aux apports d’eau douce. Pour les oiseaux, et notamment les limicoles, la vie est régie par les marées : alimentation à marée basse et repos à marée haute.

Marée basse à la pointe de l’Aiguillon Marée haute à la pointe de l’Aiguillon Marée basse et marée haute à la pointe de l’Aiguillon
auteur : Andrius Patsukonis

La fauche des prés salés

Les prés salés de la baie de l’Aiguillon, ou mizottes recouvrent une surface de plus de 1000 ha et constituent un milieu remarquable d’un point de vue écologique et agricole. Ils accueillent en effet une faune et une flore diversifiées, rares et menacées. Cette richesse patrimoniale est en partie due aux activités traditionnelles que sont, par exemple, la fauche des prés salés favorable au maintien d’une graminée essentielle : la Puccinellie maritime. Elle constitue un fourrage de qualité recherché par les agriculteurs pour sa teneur en iode et sel, nécessaire à la bonne alimentation du bétail. C’est aussi une plante très appréciée par certaines espèces sauvages tel que les Oies cendrées, Canards siffleurs, Bernaches cravants…De plus, cet entretien permet le maintien d’une végétation basse, qui facilite l’utilisation des prés salés par les oiseaux d’eau, comme zone de repos.

Depuis plusieurs années, les surfaces fauchées étaient en déclin, alors que les prés salés progressent du fait du processus naturel de sédimentation. Les derniers exploitants les mizottes étaient vus un peu comme les derniers irréductibles d’une agriculture en voie de disparition, basée sur l’élevage extensif. L’objectif des gestionnaires était donc de redynamiser cette activité. Un programme s’est mis en place sous l’impulsion de l’Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage (ONCFS) et de la Chambre d’Agriculture de la Vendée en partenariat avec les exploitants agricoles, la Fédération Départementale des Chasseurs de Vendée (propriétaire de terrains sur les mizottes de Triaize), les communes et la LPO. Une politique à long terme financée par le FEDER, et par le Ministère de l’Environnement, a abouti à la mise en place d’un CTE (Contrat Territorial d’Exploitation) « Mizottes » (aujourd’hui CAD – Contrat d’Agriculture Durable).

Ce programme a permis la remobilisation du monde agricole : par exemple, seulement 2 agriculteurs fauchaient les mizottes de Triaize en 1999 contre 10 actuellement. Sur l’ensemble de la baie, 40 exploitants agricoles font l’objet d’une attribution de mizottes.

Les mizottes sont fauchées tous les ans par les agriculteurs entre mi-juin et mi-août. La fauche ne peut se faire que durant les périodes de mortes eaux, en période estivale, où les mizottes sont découvertes et asséchées. Sur le long terme, la pérennisation de cette activité agricole est fortement dépendante de la situation de l’élevage dans le marais poitevin. Cependant, cet entretien contrecarre le développement de la végétation à obione et chiendent marin, qui jouent un rôle écologique important par ailleurs. Un équilibre est donc à rechercher entre les différents modes d’entretien ; des secteurs non fauchés sont donc laissés en évolution naturelle.

Ce programme illustre la cohérence possible entre activités humaines et protection de la biodiversité dans le cadre de la gestion d’une Réserve Naturelle.

En outre, depuis 2005, l’ONCFS, par voie de convention de gestion, s’est vue désigné gestionnaire des mizottes situées sur le Domaine Public Maritime de la réserve naturelle. Le produit de la redevance ainsi perçu est réutilisé sur le territoire pour financer des aménagements à vocation environnementale et agricole.

la fauche des mizottes La fauche des mizottes
auteur : Emmanuel Joyeux

L'avancée des terres

Il y a 8000 ans, le golfe des Pictons occupe la place de l'actuel marais poitevin ; la mer s'étend jusqu'à Niort, qui n'existe pas encore. Le retrait de la mer dépose des alluvions autour des îles, qui deviendront les villages de Charron ou Chaillé les Marais.

Les Romains s’installent pour cinq siècles en Poitou et le développent, grâce au port fluvial de Niort et par l’installation de marais salants, le sel étant donné aux légionnaires en guise de solde. Ils construisent des voies et des gués et promulguent les premières lois et chartes sur le drainage et l’assèchement des zones humides.

Au XIIème siècle, les moines édifient de puissantes abbayes, disposant des ressources financières pour entreprendre de grands travaux. De vastes espaces sont entourés de digues et des canaux évacuateurs sont creusés pour gérer les niveaux d'eau du marais. Les terres acquises sur la mer, appelées "prises" sont mises en culture ou utilisées pour le pâturage.

Les dernières digues sont construites en 1965, sur la commune de Saint Michel en l’Herm. Elles protègent les terres des intrusions marines ainsi que des fleuves en crue. Le bri, dépôt d'argile d'origine marine, continue petit à petit à combler la baie et la sédimentation naturelle de la baie se poursuit, entraînant le développement des prés salés.

L’avancée des terres L’avancée des terres
auteur : Alban Larousse-Gwennaëlle Daniel

La prée Mizottière

La Prée Mizottière est une ferme céréalière bordant la réserve, d’une surface de 247 ha, protégés de la Sèvre Niortaise par une digue. Suite à l’achat des terrains par le Conservatoire du Littoral et des Rivages Lacustres, il a été décidé de permettre le retour à un élevage extensif, favorable à la biodiversité dans le marais. Ainsi avec la Chambre d’Agriculture de la Vendée et l’ONCFS, un jeune agriculteur a été installé sur l’exploitation. L’objectif étant de concilier un projet agronomique économiquement viable et la présence d’une importante diversité biologique, liée à la zone humide.

Cette valorisation passe une gestion hydraulique et la création de dépression permettant de retrouver des conditions proches de prairies naturelles humides, cela afin de favoriser l’installation d’espèces typiques de ces milieux. La mise en place d’une gestion agricole extensive basée sur du pâturage va favoriser une biodiversité plus importante. En effet, la gestion hydraulique combinée aux pratiques extensives doit permettre l’installation d’un cortège d’espèces végétales et animales typiques des prairies humides des marais vendéens. De plus la raréfaction de ce type de milieu dans le marais accroît l’intérêt potentiel de cet aménagement.

Deux types de liens existent avec la réserve naturelle :

  • un lien physique : la digue à la mer est sous l’emprise de la réserve naturelle. La fauche tardive des digues doit être pérennisée en accord avec l’exploitant pour permettre la nidification de passereaux d’intérêt patrimonial comme la gorgebleue ou la rousserolle effavatte.
  • Un lien biologique : les aménagements proposés permettraient d’optimiser le rôle de la baie pour le maintien voire pour le développement des effectifs d’oiseaux migrateurs et hivernants. En effet la création de prairies humides, zones d’alimentation potentielles à proximité de la baie de l’Aiguillon pourraient conforter les effectifs d’anatidés. Ces prairies pourraient être également une zone de reposoir à marée haute pour de nombreux limicoles.

Ce mode d’élevage implique de la part de l’éleveur une très bonne connaissance de son terroir. Retrouver le fonctionnement harmonieux de l’exploitation agricole avec les cycles saisonniers liés au marais va ré-enrichir le caractère maraîchin fort qui est cher à la plupart de ses habitants.

la Prée mizottière La Prée mizottière
auteur : ONCFS-Emanuel Joyeux


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